Chroniques litteraires

Rencontre avec Stéphane Arnier

Un nouveau rendez-vous Interview aujourd’hui avec la rencontre de Stéphane Arnier, auteur de la série « Mémoires du grand Automne« , auteur aussi de nombreuses nouvelles comme dans l’Indé Panda 3 et lauréat du Prix Fantasy des Booktubers.

Tout d’abord bonjour Stéphane Arnier et merci beaucoup de m’accorder le privilège de cette interview pour mon blog.

Qui est Stéphane Arnier l’auteur ?

C’est un homme qui approche de la quarantaine, et qui vit dans le sud de la France. Il a un hamac dans son jardin, partage sa vie avec une finlandaise, et occupe son temps en écrivant des livres de fantasy, en lisant beaucoup, en jouant de la musique… et aussi en occupant un poste mieux rémunéré pour payer son appartement. Un type réputé très sympa, qui adore parler de lui à la troisième personne, mais qui cessera de le faire dès la prochaine question (promis).

Comme vous l’avez-vous-même écrit, votre crise de la trentaine vous a fait changer de vie. Quel a été LE déclic pour écrire vos nouvelles et romans ?

À l’époque, j’avais un ami qui n’arrêtait pas de se plaindre de sa vie. Il m’agaçait, car il ne faisait rien pour y changer quoi que ce soit. Un jour, j’ai commencé à râler sur ma propre existence, et ça a été comme me prendre une baffe : il fallait que je change la mienne. J’avais toujours admiré les grands voyageurs, j’avais toujours beaucoup lu et aimé rédiger des histoires, j’avais toujours rêvé de faire de la musique. Alors j’ai tout plaqué, je suis parti à l’autre bout du monde. En voyage, lors de mes longues randonnées solitaires, je ne faisais qu’imaginer des histoires, sans pouvoir m’en empêcher. Je me suis promis qu’en rentrant, je me mettrais à l’écriture « sérieusement » (et aussi que j’apprendrais la musique). C’est ce que j’ai fait. Cela fait un sacré moment que j’ai cessé de me plaindre de ma vie.

Depuis quand écrivez-vous ?

Depuis l’adolescence j’ai toujours écrit des bricoles, rédigé des historiettes, créé des scénario de jeux de rôle, tenu des blogs… mais je me suis vraiment mis à l’écriture « sérieusement dans l’optique de publier » en 2012.

Aujourd’hui quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Disons que je me suis donné les moyens de satisfaire mes envies. Dès 2012, j’ai organisé ma vie professionnelle dans cette optique. J’ai quitté mon boulot pour en choisir un autre à temps partiel. Je travaille trois jours par semaine, et consacre deux journées pleines à mes livres. Je gère ces créneaux comme des journées de bureau. C’est un temps exclusivement consacré à l’écriture pure. Par exemple, je ne suis pas en train de répondre à cette interview sur mon temps d’écriture : mon blog, mon activité sur les réseaux sociaux, ma newsletter sont alimentés sur mon temps libre personnel (le soir, le week-end). Mes journées écriture sont vraiment des journées écriture (scénarisation ou rédaction). Je suis très strict là-dessus.

Avez-vous un rituel d’écriture ?

C’est amusant de voir à quel point cette expression est désormais consacrée. « Rituel », ça fait très mystique. Navré : je me lève, je prends un café, une douche, puis je me mets sur mon PC et je bosse. Rien de très magique, je le crains.

Vous avez su créer un incroyable univers dans votre série « Mémoires du Grand Automne ». Où trouvez-vous l’inspiration ?

Je ne pense pas qu’un seul auteur ait une source d’inspiration unique. Je m’abreuve de toutes les histoires créées par les autres, que j’ingurgite depuis tout petit : les livres, les BD, les séries et les films, les mangas, les jeux de rôle que j’ai pratiqués à l’adolescence (et même plus tard), les jeux vidéo. Je lis beaucoup. Si je cherche, je suis parfois capable d’identifier d’où viennent certaines influences ou inspirations. Souvent, non : le cerveau préfère laisser croire qu’il a eu l’idée tout seul (mais je ne suis pas dupe). Dans « Mémoires du Grand Automne », il y a un peu du Cycle d’Ender d’Orson Scott Card, il y a un peu de Princesse Mononoké de Miyazaki, il y a un peu de la Finlande (le pays natal de ma compagne)… plus tout ce que je n’arrive plus à identifier, à force de le malaxer.

Pourquoi avoir choisi d’écrire de la fantasy ?

Sans doute parce que c’est le genre qui m’a apporté le plus de satisfaction en tant que lecteur ? On aime écrire ce qu’on aime lire. J’ai écrit des nouvelles de SF, et je viens d’en terminer une qui serait plutôt à classer en fantastique. Mais je reviens toujours à la fantasy (et je reste de toute façon en littératures de l’imaginaire). La liberté offerte en tant qu’auteur est incroyable : on peut aborder n’importe quel thème, et le pousser bien plus loin qu’avec d’autres genres littéraires. L’imaginaire est bien plus exigeant que ce que l’on croit, parce qu’il ne faut pas juste tenir une histoire : il faut donner vie à un univers.

Pourquoi choisir l’autoédition ?

Parce que c’est une fantastique école d’apprentissage : pour s’aguerrir en tant qu’auteur, bien sûr, mais aussi pour apprendre de l’intérieur tout le fonctionnement de l’édition. Je pense que tous les auteurs qui débutent, qui écrivent leurs premiers livres, devraient commencer par ça. On devrait tous s’imposer au moins deux ou trois ouvrages autoédités avant d’envisager de soumettre à des éditeurs. J’aime l’idée de devoir faire ses preuves avant de réclamer quoi que ce soit.

Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans la vie ?

Être heureux. Et comme je suis assez lucide sur ce qui me rend heureux, et que je fais ce qu’il faut pour aller dans ce sens, je ne m’en sors pas trop mal. En dehors de mes loisirs déjà cités, passer du temps en famille et entre amis est ce qui m’importe le plus. Voyager pour ne pas rester enfermé dans une bulle. Préserver ma liberté, autant que possible.

Que lisez-vous en ce moment ?

Je viens de commencer le troisième tome de la série « Rois du monde » de Jean-Philippe Jaworski, sans doute le plus grand auteur français actuel de fantasy. Son écriture est très littéraire, sa puissance d’évocation incroyable. Pour le coup, ses livres à lui sont magiques, j’ai l’impression d’y être.

Quel a été votre dernier coup de cœur ?

Dans un tout autre style, j’ai terminé récemment le cycle « Fils-des-brumes » de Brandon Sanderson (une référence en fantasy US). Par rapport à Jaworski, c’est carrément opposé dans l’approche, ce sont des ouvrages qui n’ont rien à voir, mais vous pouvez y aller les yeux fermés dans les deux cas.

Le tome 3 des « Mémoires du grand automne » paraitra prochainement, mais avez-vous d’autres projets d’écriture ? Pouvez-vous les partager avec nous ?

« Mémoires du Grand Automne » n’est pas une trilogie, et il y aura donc un quatrième volume à écrire après « Le pacte des frères ». J’ai déjà en tête un autre projet pour la suite, mais du coup c’est bien trop prématuré d’en parler. Je peux juste dire que je compte rester en fantasy, avec un univers tout aussi personnel que « Mémoires du Grand Automne ».

À côté de ça, je m’impose de participer régulièrement à des concours ou appel à textes sur des nouvelles : après avoir été sélectionné et publié par l’IndéPanda en mai, je viens de soumettre un texte (à classer en fantastique) à un éditeur. Dès que j’ai un retour officiel, j’en reparlerai.

Vous avez gagné beaucoup de prix (le dernier en date est le Prix Fantasy des Booktubers). Que vous manquerait-il pour être un auteur comblé ?

Je suis déjà très épanoui dans mon activité d’auteur, et je suis allé plus loin que ce que j’imaginais au départ. Désormais, tout n’est que bonus. Que me souhaiter ? Plein d’autres lecteurs, je suppose ! Le rêve absolu ? Que vous soyez assez nombreux pour me permettre de lâcher mon job et de ne faire qu’écrire des histoires tout le temps. Mais là, on arrive à un stade où la volonté et le travail seuls ne suffisent pas…

Dans mes chroniques, j’ai toujours le mot de la fin, mais aujourd’hui il est à vous :

Posez-vous cinq minutes (ou une heure).
Demandez-vous ce qui vous rendrait plus heureux dans la vie que vous ne l’êtes déjà.
Acceptez que votre réponse ne soit pas la même que celle du voisin (et vice versa).
Oubliez de vous dire que c’est impossible. Faites-le.

Vous pouvez retrouver Stéphane Arnier sur :

Twitter : @s_arnier
Facebook : Stéphane Arnier
Son blog : https://arnierblog.wordpress.com

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