Chroniques litteraires

Rencontre avec Carl Pineau

Nous continuons aujourd’hui notre rendez-vous Interview en partant à la rencontre de Carl Pineau, l’auteur de « Le Silence Pèlerin » et l’ « Arménien – Nuits Nantaises« .

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Qui est l’auteur Carl Pineau l’auteur ?

Je suis né en 1966 à Nantes, je suis en partie d’origine écossaise par mon père et arménienne par ma mère.
Des histoires fortes d’immigrations qui, sans doute, ont forgé ce que je suis, et notamment ma soif de découvrir le monde.
Très jeune, j’ai fréquenté les discothèques de la ville. À 18 ans, j’ai été embauché par l’une d’elles pour gérer les soirées. À 21 ans, j’ai quitté l’univers de la nuit et repris des études, en commerce international puis en Marketing.
En 2009, avec ma femme et mes deux garçons, nous nous sommes fixés au Québec. Depuis 2015, nous vivons en Thaïlande.

J’ai lu que l’écriture a toujours été un rêve pour vous que vous avez décidé de commencer à écrire en parcourant le monde. Qu’est ce qui, finalement, vous a poussé à écrire ?

J’ai effectivement toujours eu envie d’écrire. Enfant, je rédigeais des poèmes que je récitais à mes proches. Vers l’âge de 12 ans, je me voyais remplir des pages d’histoires inventées. Seulement, il m’a fallu assez vite gagner ma vie. Mais j’ai gardé ce rêve, comme un vague objectif, au fond de moi. Pendant des années, j’ai travaillé comme un forcené avec cette idée en tête de pouvoir lever le pied pour écrire. Vers quarante ans, j’ai estimé que l’heure était venue. J’ai commencé par un recueil de Poésie, Le Silence Pèlerin, qui a obtenu le premier prix de l’Académie de Nantes et de Loire Atlantique.

Comme le projet de « découvrir le monde » s’inscrivait dans un objectif partagé avec mon épouse, nous avons lié voyages et écriture. Arrivé à Québec, j’ai suivi une formation en création littéraire à l’université Laval, et c’est là que j’ai entamé la rédaction de l’Arménien, mon premier roman.

J’envisage mon travail comme la possibilité de donner naissance à des personnages, de trouver leur voix, et de les laisser ensuite évoluer dans une intrigue, presque en dehors de ma volonté. Lorsque je me mets à la table d’écriture, j’ignore où va me conduire le récit. Même si j’ai une vague idée de la fin, j’autorise une large place à la surprise, pour moi et le lecteur.
Je refuse d’exprimer une revendication, de porter un message. Ce qui m’importe, c’est au contraire d’effacer mes certitudes pour laisser une voix défendre un avis parfois contraire au mien. C’est cette vérité humaine que j’essaie d’atteindre, avec un style le plus transparent possible.

Quand trouvez vous le temps d’écrire ?

S’il y a une chose que j’ai apprise avec les années, c’est qu’on ne peut pas prétendre écrire un roman sans un travail régulier et constant. J’ai coutume de dire que c’est un sacerdoce. Lorsqu’on est en phase créatrice, on doit s’y atteler tous les jours, et si possible plusieurs heures.
Le moindre écart à cette régularité et c’est un enfer pour retrouver le rythme. Il faut aussi éviter les sorties avec les amis, les soirées trop arrosées… Bref, un véritable sacerdoce… Par toujours agréable pour les proches. Pour ma part, j’écris le matin avec un objectif de nombres de mots : mille à deux mille par jour. Ça parait simple, mais c’est parfois une torture…
C’est cette constance qui me permet de sortir des histoires qui émergent de très loin. D’une imagination créatrice dont j’ignore souvent l’origine.

Avez vous un rituel d’écriture ?

Il m’arrive très régulièrement de méditer une demi-heure avant d’écrire. Soit une méditation zazen, soit des techniques de méditations sonores guidées ou musicales. L’objectif étant d’éloigner les soucis du quotidien afin de mieux me connecter avec l’imaginaire, avec les réminiscences nécessaires à la créativité. C’est un rituel de concentration et de recentrage sur l’instant présent. C’est presque indispensable en phase de « premier jet » de roman ou de poésie.
Beaucoup moins lors du retravaille stylistique du texte, plus technique.

Ou trouvez vous l’inspiration de vos polars ?

Pour l’Arménien, je dirais que c’est un mélange de souvenirs et d’imagination. L’univers des NUITS NANTAISES des années 80s’, je l’ai suffisamment connu pour pouvoir le décrire et mettre l’histoire en contexte sans difficulté. Le roman part d’un meurtre dont j’avais eu connaissance à l’époque. Ensuite, j’ai imaginé les ressorts d’une intrigue à rebondissement pour tenir le lecteur en haleine. Pour sortir du « IL omniscient narrateur » ou du policier qui raconte son enquête, j’ai eu l’idée de donner naissance à deux personnages complètement différents qui se souviennent de leur relation avec le personnage assassiné, jusqu’à la découverte de l’assassin. Le chalenge était de trouver leur voix, et de les laisser évoluer presque en dehors de ma volonté. Même si j’avais une idée de la fin, j’ai accepté que ces personnages me surprennent.

Pourquoi avoir choisi d’écrire des polars ?

Je suis un lecteur avide et curieux qui dévore une soixantaine de livres par an, au point que je les note dans des carnets pour m’en souvenir.
Pour autant, j’adore les polars : James Lee Burke, John Le Carré, Henning Mankel, Trevanian… Et les auteurs américains des années 50, Dashiell Hammett, Raymond Chandler… C’est donc tout naturellement que je me suis dirigé vers cette écriture romanesque. Je voulais trouver une approche différente, d’où ce choix de point de vue narratif  des deux voix alternées, la psy, et le coiffeur déjanté mais humain.

Dans l’avenir, je ne m’interdis rien, j’ai un projet en cours d’une narration au « je » d’un enfant assassin, qui n’utilisera pas les ressorts : policier et enquête.

Qu’est ce qui vous tient à cœur dans vos écrits ?

Je refuse d’avoir une revendication, un message à porter. Ce qui m’importe, c’est au contraire d’effacer mes certitudes pour laisser une voix exprimer un avis parfois contraire au mien. C’est cette vérité humaine que j’essaie d’atteindre, avec un style le plus transparent possible. C’est donc l’authenticité des personnages qui me tient à cœur. Je souhaite qu’ils prennent vie au-delà de moi, et qu’ils soient les témoins d’une époque.

Pour l’Arménien, les années 80s. Par le témoignage sur leur existence, en saupoudrant des références historiques au fil du récit, le roman devient une photographie sociétale où l’on peut puiser les racines du monde d’aujourd’hui.

Que lisez-vous en ce moment ?

Je viens de finir Les désorientés, d’Amin Maalouf. J’apprécie énormément cet auteur, mais je le préfère dans ses fresques romanesques telles que Le Rocher de Tanios, Samarcande,et même Le Jardin des Lumières, que dans ses essais.

Quel a été votre dernier coup de cœur ?

Solomon Gursky de Mordecai Richler, une traversée épique et drôle d’un Inuit converti au judaïsme en Amérique du Nord, à la fin du Far West et au début de l’industrialisation.

J’ai mis du temps à aborder ce roman, considéré comme un chef-d’œuvre, parce qu’on m’avait dit que l’auteur se moquait à loisir des Québécois. En fait, c’est un humour décapant et tendre qui n’épargne personne.

Pouvez vous partager avec nous vos prochains projets d’écriture ?

J’achève la reprise de Malecón, un thriller politico-financier situé entre Paris et Cuba, sur fond du scandale du Panama Papers.
Un travail très différent puisqu’il s’agit cette fois d’un narrateur au « il omniscient. »
J’avais envie de m’essayer à une écriture plus distanciée. Pour autant, le choix du narrateur omniscient me permet de rentrer dans la tête des personnages pour analyser et décrire leurs pensées.

Malecón devrait sortir en 2018.

Dans mes chroniques j’ai toujours le mot de la fin et aujourd’hui il est à vous :

Merci à tous ceux qui liront l’Arménien. Merci de me faire un retour sur vos impressions. Merci de partager. Écrire ce roman est une des plus belles aventures de ma vie. Mon seul souhait désormais est de continuer.

Vous pouvez retrouver Carl Pineau sur son site ici

Vous pouvez aussi le retrouver sur les réseaux sociaux :
Facebook : CarlPineauAuteur
Twitter : @CarlPineau

Son livre L’Arménien – nuits nantaises est disponible en version papier et numérique ici

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